Au coeur du Prix
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Troisième et dernier auteur français à répondre à nos questions, A.W. Rosto entretient le secret, et donc le mystère, sur son identité. Son activité p...
Troisième
et dernier auteur français à répondre à nos questions, A.W. Rosto entretient le
secret, et donc le mystère, sur son identité. Son activité professionnelle
l’empêchant de signer sous son propre nom. Qu’à cela ne tienne, le lecteur
plonge facilement dans son aventure trépidante l’emmenant sur les traces d’un
tueur d’enfants aux rites aztèques pour le moins effrayants. Le
fait d’avoir étudié la psychologie criminelle vous aide-t-il dans l’écriture de
polars ? Dans
votre roman, il y a beaucoup de mouvements et de lieux différents. Cette notion
de mouvement est-elle indispensable pour le déroulement d’une enquête ? Vous
semblez être un auteur fasciné par le rôle des agents secrets. Avez-vous des
auteurs modèles ayant érigé des agents secrets comme personnages cultes ? Ténèbres
et sang traite des kidnappings et des infanticides. L’enfant représente-t-il
une cause chère, et/ou particulière à vos yeux ? Cette
cause de l’enfant aurait-elle un lien avec votre activité civile ? D’où
vous est venue l’idée de la mise en scène des rituels aztèques ? Etes-vous
spécialement fasciné par ce peuple ? Comme
de nombreux auteurs de polars, vous avez réalisé une trilogie. Qu’est-ce qui
vous plaît dans ce procédé ? Pourquoi
avez-vous pris comme pseudonyme d’auteur le nom de votre personnage agent
secret ? Serait-ce une mise en abime de votre vie, du moins une facette ? Et
pour finir, quel est votre sentiment sur votre sélection pour le Prix SNCF du
polar ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ? |
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Deuxième auteur français à se soumettre au jeu des questions-réponses dans notre sélection de l'été, Antoine Chainas propose Versus, son second polar....
Deuxième auteur
français à se soumettre au jeu des questions-réponses dans notre sélection de
l’été, Antoine Chainas propose Versus, son second polar. Beaucoup plus
noir et cynique que le premier, Versus ne laisse aucun lecteur
insensible. Antoine Chainas s’en explique. Nazutti semble être
un policier rempli de haine envers toute l’humanité. Puisque vous êtes le
créateur de ce personnage, pourriez-vous nous détailler ce qu’il aime dans la
vie ? Et quels éléments vous ont inspiré ce personnage aussi sombre ? La défense de la
cause de l’enfant, est-elle la seule raison de vivre de Nazutti et sa seule
part visible d’humanité ? Pourquoi avez-vous
choisi de ne jamais nommer expressément la ville méditerranéenne où se situe
l’action ? Vous n’avez pas
lésiné sur le vocabulaire familier, les grossièretés et les insultes.
Comprenez-vous que cela puisse choquer des lecteurs ? Quel est votre but en
accentuant les traits haineux et grossiers de votre personnage ? Choquer,
provoquer ? Le contrepoids du
personnage d’Andreotti sert-il à contraster le caractère de Nazutti ou à
l’atténuer par le bien ? Beaucoup de lecteurs
se demandent si votre propre personnalité a été entachée par la noirceur et la
violence de Nazutti, puisqu’il est le fruit de votre imagination. Que
répondez-vous à cela ? Autre remarque des
lecteurs, ceux qui vous ont découvert grâce à votre premier roman disent à
l’unanimité que l’intrigue de Versus est plus aboutie, mieux ficelée.
Comment avez-vous travaillé votre style et votre écriture pour
progresser entre vos deux premiers romans ?
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Journaliste au Monde, Yves Mamou propose avec Camelia.came son premier roman. Une plongée au c½ur du monde de la drogue, des fleurs et de l'islamisme....
Journaliste au Monde, Yves Mamou propose avec Camelia.came son premier roman. Une plongée au c½ur du monde de la drogue, des fleurs et de l’islamisme. Un ouvrage fourni et prenant autour duquel l’auteur a accepté de parler. Yves Mamou, vous êtes journaliste, vous êtes déjà auteur de diverses publications (Parents à charge ; C’est la faute aux médias, etc.), racontez-nous comment vous avez passé le cap de l’écriture de polar… et pourquoi ? Les journalistes ne sont pas des écrivains. Ils travaillent avec 400 mots et leur style se résume à un agencement plus ou moins heureux de techniques d’expression que l’on enseigne dans les écoles. Un langage appauvri raréfie l’imagination et bloque la réflexion. J’ai voulu savoir si j’étais devenu un automate ou si j’avais gardé une certaine individualité. Vous aviez depuis longtemps envie de quitter « le réel », l’enquête, pour la fiction ? La fiction et le journalisme sont pour moi deux moyens différents d’aborder le réel. Le journaliste restitue au lecteur l’action des acteurs économiques ou politiques: qui a dit ou fait quoi, où et quand. C’est l’exactitude qui compte. La fiction peut aider à voir le monde et les personnes au delà des apparences. C’est comme le cinéma, la première fois que l’on filme un verre sur une table, on a l’impression de voir vraiment le verre pour la première fois. Mais le lendemain, cette perception s’est émoussée. Pour retrouver l’émotion initiale face à l’existence du verre, il faut le mettre en scène dans une fiction. Par l’imagination et la fiction, on revient au réel Qu’est ce qui vous inspire ? La violence contemporaine me fait peur. Nos parents couraient le risque de mourir à la guerre. Nous courrons tous le risque de mourir assassinés par un attentat en France ou à l’étranger. Comment est née cette idée de polar ? J’ai raconté un jour à un copain que je venais d’envoyer des fleurs à ma mère par Internet ! Il a ouvert des yeux horrifiés et m’a raconté que des gens avaient eu leur vie bousillée parce que quelqu’un avait interverti leurs envois : le bouquet de la maîtresse avait été envoyé à la femme légitime. Je n’ai pas de maitresse, mais j’ai trouvé l’histoire totalement cinématographique. Et je l’ai gardé en moi pendant deux ans. Je n’arrivais pas à l’oublier. Camelia.came est ce que j’ai trouvé de mieux pour m’en débarrasser. Pourquoi avoir décidé de mêler ces différentes histoires (Colombie, réseaux islamistes) ? Ces histoires ne sont pas différentes. Il y a une réelle similarité entre le terrorisme islamiste et le trafic de drogue. Al Qaeda, le Hezbollah et le Hamas palestinien ont monté des réseaux mafieux dans la zone de la triple frontière en Amérique Latine (Paraguay, Brésil, Argentine). Ils se sont implantés dans ce haut lieu du trafic de drogue pour acheminer la cocaïne en Europe et au Moyen Orient. Ils se financent en partie ainsi. Le Hezbollah contrôle toute la plaine de Martucci et le préfet tiennent des propos cyniques sur l’idée qu’une affaire de cocaïne peut aider à faire oublier un échec dans la lutte contre le terrorisme. Avez-vous voulu signifier que le citoyen moyen n’y voit « que du feu » ? Détenir une parcelle de pouvoir oblige à devenir cynique et manipulateur. Mais ce n’est pas pour cela que j’ai mixé terrorisme et trafic de drogue. En fait, j’ai voulu donner un rôle au hasard. Dans les romans policiers classiques, le flic remonte petit à petit la piste et déboucle seul une effroyable machination. Tout est lié. Michael Connelly fait ca génialement bien. J’adore lire l’inspecteur Bosch, mais je ne pourrai pas l’écrire car je ne prends pas les super héros au sérieux. Mon flic a moi est une caricature de fonctionnaire corse, il a un côté monsieur tout le monde, il est tout à la fois sympa et antipathique, il est honnête autant qu’on peut l’être et surtout il a de la chance et un peu de talent. Le commissaire tient le fil terroriste entre ses doigts et quand ce fil se casse, il tente de repartir sur autre affaire … qui lui permet de conserver son poste, mais aussi le ramène à l’affaire initiale. Sans un peu de chance, rien ne se fait. Qu’est ce qui a été le plus difficile dans l’écriture de ce polar, pour vous journaliste ? Camelia conduit trois histoires parallèles, la drogue, le terrorisme islamiste et les histoires de c½ur de Nathalie… Chaque fois que je modifiais un détail, il fallait reconstruire la chaîne différemment. Ca m’a donné du mal. Si j’avais été plus aguerri, j’aurais perdu moins de temps. On imagine que comme journaliste vous devez être très pris par votre travail. Comment avez-vous oeuvré à l’écriture de Camélia.came ? Mon insomnie chronique m’a aidé à ne pas léser mon employeur et ma famille. Depuis combien de temps aviez-vous ce roman en vous ? J’ai porté l’idée pendant deux ans, j’ai mis presque trois ans à l’écrire. Mais j’ai mis vingt ans à comprendre qu’il ne fallait pas se brider et qu’on pouvait alterner le roman et le journalisme sans léser l’un et l’autre. Qu’est ce qu’un bon polar selon vous ? Ce n’est pas un genre figé. Il y a de tout. J’ai adoré les premiers romans de Daniel Pennac car il renouvelait le genre policier avec la famille Malaussene. Est ce que Millenium du suédois Stieg Larsson est un polar ? Les seuls flics qu’il y a dedans sont des méchants ! Et pourtant, quel suspense ! Quels personnages ! Quel souffle ! Un bon polar c’est comme un bon roman, ca vous déstabilise, mais vous aimez ça ! A qui envoyez-vous des fleurs ? Et pourquoi ? A ma maman pour la fête des mères et son anniversaire. Pour ma femme, j’en achète sur un coup de c½ur quand je passe devant l’étalage d’un fleuriste qui arrange sa vitrine avec goût. Un dernier mot sur le Prix SNCF du polar. Ce doit être une émotion particulière d’être déjà sélectionné avec ce premier roman ? Que pensez-vous d’une manière générale de ce Prix ? Vous ne pouvez pas savoir comme ça me fait du bien d’avoir été sélectionné. Ca veut dire que ce que j’ai exposé de moi dans ce texte a été remarqué et apprécié. Et ce Prix SNCF du polar en particulier me touche car je suis le fils d’un cheminot. Pendant toute mon enfance, j’ai feuilleté «
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Ils ont le sourire, forcément, puisqu'ils sont les premiers finalistes de la 9e édition du Prix SNCF du polar. Quelques jours après le verdict de la s...
Quels
sentiments éprouvez-vous en apprenant que vous êtes finaliste du Prix SNCF du
polar ? Vous
attendiez-vous à cette place en finale ? Qu’est
ce que cela représente pour vous ? Est-ce une déjà une consécration ? |
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3 polars français et 3 polars européens, voici donc la grande nouveauté ! A partir de cette sélection de l'été, dorénavant, le Prix SNCF du polar mett...
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polars français et 3 polars européens, voici donc la grande nouveauté ! A
partir de cette sélection de l’été, dorénavant, le Prix SNCF du polar mettra en
compétition 6 romans à chaque saison. Ce léger changement du règlement
permettra ainsi de faciliter l’accessibilité des ouvrages aux lecteurs, de plus
en plus nombreux à participer à la vie du Prix. Dans
la catégorie « polar français » : Ténèbres
et sang d’Alexander W. Rosto aux éditions Buchet Chastel. Versus
d’Antoine Chainas aux éditions Gallimard. Dans
la catégorie « polar européen » : L’encombrant
Mister Kitchen de Charles Higson aux Editions du rocher. Tonton
Clarinette de Nick Stone aux éditions Gallimard. |
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La tension est maximale depuis la fin des votes de la semaine dernière, les suffrages électroniques et autres bulletins papiers sont désormais comptab...
La tension est maximale depuis la fin des votes de la semaine dernière, les suffrages électroniques et autres bulletins papiers sont désormais comptabilisés. Et les résultats sont sans appel. Karine Giebel avec Les Morsures de l’ombre et Olav Hergel pour L’Otage seront en finale de la 9e édition du Prix SNCF du polar. Polar français : Karine Giebel, Les Morsures de l’ombre, chez Fleuve Noir Avec son huis-clos étouffant et de haute tenue, Karine Giebel a su vous tenir en haleine. Et elle est récompensée par une place en finale pour son troisième roman Les Morsures de l’ombre. Elle y raconte l’histoire d’un policier séquestré par une jeune femme qui a décidé qu’il était le meurtrier de sa s½ur jumelle, disparue de nombreuses années auparavant. Prenante, cette histoire frappe par son originalité et la maîtrise du sujet évoqué sans être trop redondante dans les échanges entre la geôlière et le détenu. Les personnages ont du caractère et leurs personnalités sont profondes, ce qui permet au récit de prendre corps et de rester prégnant à la mémoire du lecteur. On tourne les pages avec frénésie, et l’idée de reposer l’ouvrage sans en avoir découvert l’ultime clef est impensable. Un style délié au service d’un polar de belle tenue et efficace. Polar européen : Olav Hergel, L’Otage, chez Gaïa Critique à l’égard de la société danoise, Olav Hergel en est un observateur de choix puisqu’il y est journaliste depuis de nombreuses années. Particulièrement sensibilisé à la thématique de l’immigration qui tisse le récit de L’Otage, il a longtemps exploré dans son métier, les recoins de la vie des laissés-pour-compte du si lisse Danemark. L’occasion pour lui, à travers cet ouvrage d’approfondir son travail originel, de démonter certains stéréotypes qui touchent son pays natal, mais aussi de réaliser un plaidoyer pour un journalisme de qualité qu’il tente de défendre depuis de nombreuses années. Récipiendaire du Prix Cavling pour un article sur les camps de rétention, Olav Hergel, avec cette sélection en finale, prouve que son combat est juste puisqu’il a su sensibiliser les lecteurs du Prix SNCF du polar avec cette fiction aux couleurs autobiographiques sur fond de polar. |
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Quand y'en a plus, y'en a encore. A peine la sélection du printemps terminée, les animations de la sélection de l'été se peaufinent en coulisses, et v...
Quand y’en a plus, y’en a encore. A peine la sélection du printemps terminée, les animations de la sélection de l’été se peaufinent en coulisses, et vous réservent déjà de nombreuses surprises. Pour les amoureux du polar, le mois de juin 2008 sera inoubliable. Depuis le jeudi 22 mai minuit, les votes de la sélection printanière sont clos. Pour le moment, vos suffrages sont très serrés, et il faudra patienter jusqu’au mardi 27 mai afin de connaître les deux premiers auteurs qualifiés en finale. Puis deux jours plus tard, le 29 mai, le Prix SNCF du polar aura l’honneur de vous présenter la sélection de l’été. Et à ce moment là, une nouvelle course de fond débutera pour les 8 romans en lice. A chaque saison, son Tour de France des régions, et le moins que l’on puisse dire c’est que l’été ne manquera pas d’animations fortes. Quatre dates sont à retenir, dès maintenant, sur vos agendas. Nantes, le 14 juin La cote de Gilda Piersanti (en photo) étant au top, les métropoles françaises s’arrachent la présence de notre lauréate de la 8e édition. Après Lyon et Bordeaux, c’est au tour de Nantes d’accueillir l’auteure de Bleu catacombes à l’occasion d’une rencontre-débat avec les passionnés du genre polar, suivie d’une traditionnelle séance de dédicaces. Friands d’anecdotes, et autres secrets de « fabrication », les lecteurs pourront en connaître davantage sur le parcours littéraire et la personnalité de Gilda Piersanti. Ce vif moment d’échanges se tiendra au sein de l’incontournable Librairie Coiffard à Nantes. Un jeu concours est prévu en marge de la rencontre, sous forme d’un QCM 100% italien. Limoges, le 24 juin Une fois sa présence honorée en région nantaise, Gilda Piersanti se rendra à Limoges. Ainsi, pas de jaloux ! Cette animation s’appelle « Les Experts : Limoges », et inévitablement les souvenirs de juin 2007 refont surface. Souvenez-vous du procès du personnage fictif de Maud Mayeras, ce sera basé exactement sur le même principe. Interventions de représentants de la police, de la gendarmerie et du monde judiciaire, à la différence qu’il s’agira cette fois de la mise en scène d’une enquête policière selon la trame de l’intrigue du roman Bleu catacombes. Ce jeu de rôles criant d’authenticité, on vous le promet, se déroulera dans le grand amphithéâtre de la Faculté de Droit de Limoges. S’en suivra la projection du film La Chambre des morts, adapté du roman éponyme de Frontignan, du 24 au 29 juin Ville héraultaise située entre Montpellier et Sète, Frontignan est connu pour un événement majeur organisé chaque année : le Festival International du Roman Noir (FIRN). Pour sa 11ème édition, le Festival a vu les choses en grand, en invitant notamment Colin Bateman, Pierre Bordage, Caryl Férey, Catherine Fradier, Jean-Marie Villemont. Tous étant des anciennes connaissances du Prix. Et pour la première fois, le Prix SNCF du polar sera partenaire du FIRN. Pendant 5 jours, les visiteurs régionaux pourront découvrir, ou redécouvrir, le charme et la singularité du Prix SNCF du polar sur son stand. Une énigme sera également proposée, dont l’auteur est quelqu’un que vous connaissez très bien... Amiens, le 24 juin Après le succès de sa toute première animation en novembre dernier, la direction de la communication externe SNCF à Amiens se lance dans une nouvelle opération pour ravir ses fidèles lecteurs. Afin de préserver l’effet de surprise, nous ne pouvons rien vous dire de plus. La patience n’est-elle pas propre au Sage ? Alors patientez, vous ne serez pas déçus. |
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Quatrième et dernier auteur européen à se soumettre au jeu des questions-réponses, Gianrico Carofiglio présente son tout premier polar Témoin involont...
Quatrième et dernier auteur européen à se
soumettre au jeu des questions-réponses, Gianrico Carofiglio présente son tout premier
polar Témoin involontaire. Un récit
troublant d’authenticité sur le parcours judiciaire d’un coupable idéal et le
déroulement de son procès. Et pour cause, dans le civil, Gianrico Carofiglio
est procureur de la République italienne, et connaît parfaitement les rouages
de la machine judiciaire de son pays. Témoin involontaire est votre
premier roman. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire, et cette histoire en
particulier ? Vous êtes magistrat de métier mais votre
personnage principal est avocat. Pensez-vous que c’est la fonction la plus
appropriée pour explorer la machine judiciaire en Italie ? Comment expliquez-vous que votre personnage
devienne aussi facilement attachant ? C’est grâce à sa part de fragilité,
commune à tout le monde ? A travers l’histoire de Guerrieri, faut-il
comprendre que derrière chaque personne se cache un être humain foncièrement
bon ? Votre roman est comme une goutte d’espoir pour le sort de
l’humanité ? Vous évoquez le racisme dans la société
italienne. Quel état des lieux faîtes-vous de ce racisme ambiant dans la vie
civile mais aussi dans le monde judiciaire ? Vous continuez une série de romans avec
Guerrieri. Pourquoi cela ? C’est pour mieux explorer et raconter le
système judiciaire italien ? Quel est votre sentiment sur votre participation au Prix SNCF du
polar ? |
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Auteur de renom, Jean-Paul Nozière est en compétition avec Je vais tuer mon papa dans cette sélection du printemps. Il prend le temps de répondre à no...
Jean-Paul Nozière, même si vous êtes une figure de la littérature contemporaine, pouvez-vous vous raconter un peu pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas… Qui êtes-vous ? C’est une question très difficile. Pour un auteur de polar, on pourrait imaginer que j’ai eu une vie tumultueuse, que j’ai baigné dans des histoires un peu louches. Pas du tout. J’ai une vie tout ce qu’il y a de plus normal (rires). J’ai été professeur et suis venu à l’écriture parce que j’avais une vraie passion pour les livres et ce qu’ils contenaient d’histoires. Une passion héritée d’un passé familial où la littérature était très présente… C’est vrai. Chez nous, quand j’étais enfant, il y avait beaucoup de livres, de journaux. Et un grand respect pour cela. Mon père était un lecteur et un acheteur compulsif de livres. Et je suis devenu un peu comme ça aussi. J’ai lu très tôt et très vite : j’ai accompagné mes parents, qui étaient instituteurs à l’école, dès mes premières années. Sur votre site Internet, vous parlez volontiers de la genèse de vos ouvrages, et il n’y a rien sur Je vais tuer mon papa, pourquoi ? Et comment est venue l’idée de ce livre ? Je l’ai fait volontairement car je n’avais pas envie d’expliquer pourquoi. Mais il y avait des thématiques que je souhaitais aborder. Comme la folie. Celle-ci est présente à plusieurs stades dans mon roman. D’abord dans le couple Chad-Pénélope, puis avec Kitty et enfin avec Vronski. Trois choses m’ont ainsi beaucoup intéressé dans l’écriture de ce polar. Parler de la violence, qui n’est pas qu’urbaine, dans un cadre provincial. Parler des arts primitifs qui me touchent vraiment beaucoup et de la folie comme je viens de le dire. C’est pour cela que vous avez choisi cette ville de Sponge comme toile de fond. Avec tout ce que la génétique d’une petite ville de province implique ? Oui. Sponge est un lieu idéal pour cela. C’était le cas pour d’autres romans que j’ai déjà écrits. Il m’avait été reproché dans certains de mes ouvrages une trop proche ressemblance avec des lieux familiers. Avec Sponge, je n’ai plus ce problème (rires). Et cet environnement correspond bien à l’ambiance que je souhaite rendre. Celle d’une province qui est parfois statique, qui étouffe où les rumeurs circulent. Pour montrer que la fameuse violence dont je parlais précédemment peut être différente. Vronski incarne cette violence, cette folie extrême que vous souhaitiez montrer, il est l’archétype du héros qu’on adore détester… C’est vrai. C’est comme ça qu’il apparaît au début du livre. La scène d’ouverture ne plaide pas vraiment en sa faveur. Moi aussi, j’ai adoré le détester au début puis au final, on se rend compte que ce type est dans une spirale, qu’il tombe et qu’il faut quand même lui accorder un petit crédit. Car il n’a pas beaucoup de barreaux pour remonter l’échelle. Les femmes, de tous les âges, sont très présentes dans Je vais tuer mon papa. Pourquoi ? C’est drôle que vous remarquiez ça car quand j’ai commencé à écrire, on me faisait remarquer qu’il y en avait peu. Aujourd’hui, la tendance semble s’inverser. Pour faire une réponse convenue, ça doit être parce que j’aime les femmes, mais je ne sais pas vraiment pourquoi elles sont si présentes ! Ca vient tout seul. Qu’en pense votre femme ? Il faudrait lui demander, mais je serai obligé de contrôler sa réponse (rires). |
